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Le mobile money est-il devenu un casse-tête pour les banques centrales ?
19 avril 2017
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Les propos du responsable de la BEAC interviennent quelques jours après la décision de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) d’interdire les transferts de fonds entre les pays de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la France via Orange Money (le service de transfert d’argent et de paiement mobile du groupe français Orange).

La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) menace de sévir sur le mobile money. Le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, lors d’une conférence de presse le 22 mars dernier à Yaoundé a indiqué que la Banque centrale reconnaît les transferts qui se font dans la zone CEMAC.

« Mais logiquement, ce sont les banques qui doivent se charger des transferts en dehors de cette zone. Vous avez des opérateurs de téléphonie mobile qui, sans avoir l’autorisation, ou les contraintes auxquelles sont soumises les banques, font exactement l’activité des banques. Il faut mieux assurer ça », a dénoncé Abbas Tolli.

Pour le gouverneur, la BEAC compte sévir dans ce domaine pour éviter des risques de blanchiment et d’évasion fiscale ou même le financement du terrorisme.

Les propos du responsable de la BEAC interviennent quelques jours après la décision de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) d’interdire les transferts de fonds entre les pays de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la France via Orange Money (le service de transfert d’argent et de paiement mobile du groupe français Orange). L’interdiction vise à mettre fin aux opérations de transfert international d’argent qui sont hors du champ des activités qu’elles ont été autorisées à effectuer.

En fait, le document explicatif de la BCEAO stipule que ces opérations relèvent « exclusivement de la compétence des établissements de crédit installés sur le territoire d’un État membre de l’UEMOA ayant reçu la qualité d’intermédiaires agréés ».

Ainsi, la BEAC va-t-elle emboîter le pas à la BCEAO ? Et quelles peuvent être les conséquences de ces nouvelles positions des banques centrales ? Sachant qu’elles interviennent dans un contexte où l’on assiste à un boom du mobile money qui favorise non seulement la bancarisation mais aussi facilite les transactions financières en Afrique.

Une étude du cabinet Boston Consulting Group publiée en 2015 a révélé qu’en Afrique subsaharienne, les services financiers sur mobile pourraient rapporter au moins 1,5 milliard de dollars d’ici à 2019 et viser un marché de 250 millions de personnes.

Né en Afrique australe dans les années 2000, le Mobile Banking a atteint aujourd’hui toutes les régions du continent. La banque mobile est la nouvelle stratégie mise en place par les différents opérateurs de téléphonies mobiles qui est devenue une sorte de banque dans les poches qui permet le paiement par téléphone portable.

par Ablaye Modou NDIAYE
Financialafrik.com/



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