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Avec 73% du cacao mondial produit, l’Afrique a le pouvoir d’influencer les cours (Koné Brahima Yves, DG du Conseil du Café-Cacao, Abidjan)
24 juin 2018
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En tant que Conseil, nous voulons superviser ce qui se passe dans ce secteur, de manière à appliquer correctement les instructions reçues du gouvernement. À côté de cela, nous essayons de mener des actions avec le soutien du Ghana.

M. le directeur général du Conseil du Café-Cacao, en quoi consiste la pause que vous avez demandée aux producteurs, le 20 juin, à l’ouverture de la 7e session de la réunion des partenaires de la filière ?

Nous travaillons sur instruction de nos autorités qui nous ont demandé d’observer une pause dans la production du cacao. Il s’agit de stabiliser à deux (2) millions de tonnes, la production nationale. Nous avons parlé et nous avons écrit aux différents partenaires, les exportateurs, les chocolatiers qui font de la recherche sur nos territoires et qui parfois pensent bien faire en donnant directement des plants aux producteurs. Nous leur avons notifié que nous avons un institut de recherche qui est le Centre national de recherche agronomique (Cnra). Et que tous les programmes qui contribuent à l’augmentation de la production doivent s’arrêter. C’est cet organisme national, le Cnra, qui fait la recherche agronomique qui doit coordonner tout le programme de la recherche agronomique.

Comment entendez-vous influer sur les cours, avec le front commun que vous constituez avec le Ghana voisin ?

En tant que Conseil, nous voulons superviser ce qui se passe dans ce secteur, de manière à appliquer correctement les instructions reçues du gouvernement. À côté de cela, nous essayons de mener des actions avec le soutien du Ghana. Et comme toujours, sur instructions du Président de la République qui a souhaité que les pays producteurs se rapprochent. D’abord, avec le Ghana, nous réalisons 60% de la production mondiale. L’espoir, c’est que si nous rapprochons nos systèmes de commercialisation et que nous fixons un prix plancher, nous pourrons y arriver. Vous avez suivi ces derniers temps la visite des Ghanéens. Si nous disons qu’en dessous de tel prix, nous ne vendons pas, je ne vois pas comment on peut faire autrement, si nous nous entendons.

Cette politique de rapprochement des pays producteurs d’Afrique est-elle au cœur de la présente session ?

Cette question est au cœur du débat que nous avons eu avec les Ghanéens il y a deux semaines. Donc ce n’est pas seulement la limitation de la production à deux millions de tonnes qui va changer quelque chose. Il faut des actions avec les producteurs qui sont en Afrique de l‘Ouest et au-delà et qui produisent beaucoup. C’est-à-dire le Cameroun, le Nigeria et nous pensons que ceux-là vont nous rejoindre. Avec ces deux autres pays et le Ghana, nous faisons à peu près 73 % de l’offre mondiale. C’est avec eux que nous allons compléter l’arsenal de mesures en direction de nos producteurs. Imaginez que nous nous entendons et que nous disons que le Kg de cacao est à 1300 F ou 1400 Fcfa sur le marché international, et que nous disons qu’en dessous, nous ne vendons pas, ils n’auront pas le choix. Voilà le sens de notre démarche. C’est un arsenal de mesures : limiter la production et également se donner la main avec les autres producteurs de la sous-région de manière à peser sur les prix du marché.

PROPOS RECUEILLIS PAR
N’DRI CELESTIN
fratmat.info/



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