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Une start-up américaine innove pour financer des entreprises en Afrique
1er octobre 2018
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John Sedunov, professeur de finance à l’université Villanova, explique qu’en Afrique les banques ne veulent pas prendre de risques en prêtant aux petites et moyennes entreprises (PME), telle Producam, pour une raison bien simple : contrairement aux grandes entreprises, les PME ne peuvent pas leur fournir les données dont elles ont besoin pour évaluer les risques d’un investissement.

Emmanuel Neossi exporte des fèves de cacao et de café, et il le fait si bien qu’on l’appelle « Monsieur Cacao ».

En 2012, l’entrepreneur camerounais fonde Producam SA, une petite société qui dispose de deux entrepôts dans l’ouest du Cameroun. Dès 2017, son entreprise s’est tellement développée qu’il ne parvient plus à répondre à la demande. Il contacte alors Ovamba*, une société de financement alternatif basée aux États-Unis qui aide les petites entreprises comme la sienne à s’élargir. Mais pas comme le font les banques.

Ovamba met M. Neossi en contact avec trois investisseurs étrangers prêts à financer l’exportation de 10 000 tonnes de fèves de cacao. En l’espace d’un an, l’exportateur signe un accord de 500 millions de dollars avec une firme américaine de fonds de placement privés pour se lancer dans la transformation du cacao sur place.

« Les banques ne sont pas à la hauteur de la tâche, souligne Viola Llewellyn, cofondatrice et présidente d’Ovamba. Le “missing middle” de la classe moyenne, qui est en pleine croissance sur le continent, n’a pas accès aux services aux entreprises. »

Mme Llewellyn entend par là le segment croissant de la population du continent qui gagne trop pour pouvoir prétendre à des aides de l’État ou à une assistance de la part d’ONG, mais pas assez pour investir dans son propre avancement, qu’il s’agisse de couvrir les frais d’études supérieures ou de financer une nouvelle entreprise.

John Sedunov, professeur de finance à l’université Villanova, explique qu’en Afrique les banques ne veulent pas prendre de risques en prêtant aux petites et moyennes entreprises (PME), telle Producam, pour une raison bien simple : contrairement aux grandes entreprises, les PME ne peuvent pas leur fournir les données dont elles ont besoin pour évaluer les risques d’un investissement.

La société Ovamba a développé des dizaines de logiciels spécifiquement conçus pour ses clients au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Ces programmes collectent des données sur les affaires et les transactions des PME afin que soit constituée une base robuste à partir de laquelle les investisseurs peuvent évaluer les risques sans avoir besoin des documents que les banques exigent habituellement.

Mme Llewellyn et son associé, Marvin Cole, ont lancé la société Ovamba en 2013. Tous deux avaient des années d’expérience dans le secteur financier de l’Afrique subsaharienne, et ils étaient frustrés par l’idée que les gens à l’étranger se font des investissements dans la région, à savoir qu’ils sont modestes et qu’ils tiennent de la charité. Mais eux voulaient trouver le moyen de « mettre des capitaux à la disposition des entreprises africaines d’une manière qui soit authentique et qui réponde aussi à leurs besoins culturels ».

Mme Llewellyn veut transmettre le message suivant aux PME : « Nous pouvons vous aider à élargir votre entreprise. Nous vous dirons quand vous auriez intérêt à acheter plus à un taux qui vous convient pour que l’argent reste sur votre compte en banque. »

« Nous voulons atteindre les personnes qui sont quasiment ignorées par les grandes sociétés », souligne Prashant Mahajan, directeur de technologie à Ovamba.

*en anglais
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