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Le gouvernement s’engage à accompagner le monde rural
29 avril 2019
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La 21e édition de la Journée nationale du paysan (JNP) a refermé ses portes, le samedi 27 avril 2019, à Gaoua, par le dialogue direct entre les délégués venus des 45 provinces et le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Sans langue de bois, les 1040 délégués venus des 45 provinces du pays ont exposé leurs préoccupations, leurs doléances et leurs recommandations au chef de l’Etat. L’abandon de certaines exploitations agricoles du fait de l’insécurité, l’enclavement des zones de production, l’ensablement des retenues d’eau, le manque d’unités de transformation, les conflits parfois meurtriers entre hommes et éléphants, la concurrence déloyale imposée par les produits importés « parfois de mauvaise qualité », la cherté des équipements agricoles, le coût d’accès à l’attestation de possession foncière rurale, l’accaparement des terres par des sociétés immobilières sont entre autres, les difficultés égrenées par les paysans.

Le traditionnel dialogue direct entre les acteurs du monde rural et le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a été respecté à l’occasion de la 21e édition de la Journée nationale du paysan (JNP) tenue, du 25 au 27 avril 2019, à Gaoua. Sans langue de bois, les 1040 délégués venus des 45 provinces du pays ont exposé leurs préoccupations, leurs doléances et leurs recommandations au chef de l’Etat. L’abandon de certaines exploitations agricoles du fait de l’insécurité, l’enclavement des zones de production, l’ensablement des retenues d’eau, le manque d’unités de transformation, les conflits parfois meurtriers entre hommes et éléphants, la concurrence déloyale imposée par les produits importés « parfois de mauvaise qualité », la cherté des équipements agricoles, le coût d’accès à l’attestation de possession foncière rurale, l’accaparement des terres par des sociétés immobilières sont entre autres, les difficultés égrenées par les paysans. En guise de solutions à ces problèmes, la 21e JNP a formulé 13 recommandations. Il est ainsi demandé au gouvernement de poursuivre les efforts de sécurisation du territoire national pour un retour diligent des producteurs sur leurs exploitations, l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme d’urgence agro-sylvo pastoral, halieutique et faunique pour les régions de l’Est, du Nord, du Centre-Nord, de la Boucle du Mouhoun et des Hauts-Bassins. Les producteurs ont, en sus, recommandé la finalisation de la conception et la mise en œuvre du modèle intégré de production agro-sylvo pastorale, halieutique et faunique pour une transformation structurelle et une résilience de l’agriculture burkinabè, l’opérationnalisation de la Centrale d’achat des intrants et matériel agricole (CAIMAN), l’application de la réglementation en matière d’eau notamment sur les berges… Le président de la Confédération paysanne du Faso (CPF), Bassiaka Dao, a souhaité la reconnaissance de la profession agricole, l’opérationnalisation de la loi d’orientation, la mise en place d’un fonds de développement agricole, la prise de dispositions pour l’accessibilité des services de la Banque agricole du Faso (BADF) aux paysans. « Nous ne voulons pas d’une banque commerciale », a-t-il souligné. L’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) s’est engagée à tourner la page des contreperformances enregistrées lors des deux dernières campagnes et à produire plus de 800 000 tonnes de coton au cours de la prochaine saison. Elle a toutefois demandé aux acteurs de la recherche de développer une nouvelle variété d’or blanc plus porteuse. Dans la perspective de hisser le Burkina Faso à sa place de premier producteur de coton en Afrique, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a annoncé que le gouvernement a décidé d’injecter 17 milliards F CFA dans la présente campagne.

Bitumage de la route Tougan-Lanfièra-Di

S’agissant de la transformation des produits locaux, il a assuré que l’exécutif a adopté une stratégie nationale d’industrialisation basée sur la filière. De plus, il a fait savoir qu’un financement de 4 milliards F CFA a été obtenu pour la reprise des travaux de la Société de transformation des fruits et légumes (STFL) de Loumbila. « Il y a trois autres unités qui seront construites. Concernant la qualité des produits importés, nous avons créé la Brigade mobile de commerce (BMC) qui sillonne les corridors », a-t-il relevé. Au niveau de la protection du marché des produits locaux, Harouna Kaboré a informé que son département ne donne les autorisations d’importation d’un article fabriqué au Burkina Faso que s’il a l’assurance que toute la production nationale sera écoulée. A sa suite, le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma, a annoncé que de nouvelles voies seront bitumées pour désenclaver les zones agricoles. Ainsi, il a laissé entendre que le bitumage des routes Solenzo-Koudougou, Tougan-Lanfièra-Di dans la Boucle du Mouhoun et Dori-Gorom-Gorom dans le Sahel, débutera en 2019. A l’écouter, la mobilisation des fonds est en cours pour la route Orodara-Banfora-Sideradougou-Kwéré-Batié-frontière de la Côte d’Ivoire. « 15 728 km de routes et les principales voies en terre connaîtront des travaux d’entretien courant », a-t-il indiqué. Se prononçant sur l’accaparement des terres, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Dieudonné Maurice Bonanet, a soutenu que cette situation est due aux insuffisances de la loi 034 portant sur le foncier rural. Aussi, il a précisé que depuis l’arrivée du président Kaboré au pouvoir, aucune autorisation de lotissement n’a été délivrée « contrairement aux rumeurs ». Qu’à cela ne tienne, son homologue de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, s’est prononcé sur le coût d’accès à l’attestation de possession foncière rurale. Il a reconnu qu’au lieu des 15 000 F CFA par hectare fixés par la loi, certaines mairies appliquent des prix plus élevés pour la délivrance du document. « Nous allons les rappeler à l’ordre », a-t-il promis. Toutefois, il a opposé un refus à la demande de création d’un programme d’urgence agro-sylvo pastoral, halieutique et faunique dans cinq régions touchées par l’insécurité. « Ce serait un doublon avec le Programme d’urgence pour le Sahel », a-t-il déclaré.

« Restés debout et engagés »

Interpellé sur les raisons de l’arrêt des travaux de construction des unités de transformation de maïs à Dédougou et de tomate de Di, il a mis en cause la défaillance des entreprises commises à la tâche. « Toutes les dispositions sont prises pour que les travaux redémarrent cette année », a-t-il rassuré. Il a, en outre, avancé que son département a un vaste programme de réalisation de milliers de retenues d’eau et de boulis. Concernant le Fonds de développement agricole, il a informé que les textes sont élaborés et la Coopération suisse est prête à injecter plus d’un milliard FCFA. Dans la même dynamique de développement de l’agriculture burkinabè, le ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, a expliqué que son département a reçu une promesse de 5 à 10 milliards FCFA de la Banque africaine de développement (BAD) pour l’irrigation solaire. Le ministre en charge de l’enseignement supérieur, Alkassoum Maiga a, pour sa part, dévoilé aux producteurs de coton que les travaux de la recherche burkinabè sur une nouvelle variété de coton avec de meilleurs rendements et qualité de la fibre sont en bonne voie. Son collègue en charge de l’environnement, Batio Nestor Bassière a, quant à lui, regretté les conflits entre les éléphants et les hommes. Il a fait savoir qu’un fonds est disponible pour les indemnisations des victimes. Toutes ces réponses apportées ont semblé convaincre les participants à la JNP. Aussi, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a rassuré que le gouvernement prendra toutes les dispositions pour que les recommandations soient prises en compte et que les préoccupations trouvent des solutions d’accord parties. Il a félicité les producteurs pour la qualité des travaux. « La tenue de la 21e édition de la JNP témoigne de la résilience du peuple burkinabè et des producteurs face à l’insécurité. Elle nous a également permis de sceller notre engagement collectif pour que l’agriculture, l’élevage, les domaines halieutiques et fauniques soient la base du développement du Burkina Faso », a-t-il affirmé. Il reste maintenant, a-t-il recommandé, que chacun travaille à s’adapter aux nouvelles réalités. « La lutte contre l’insécurité est un combat de longue haleine. Nous devons rester engagés et debout », a-t-il relevé. En attendant la mise en place du Fonds de développement agricole, le Président du Faso a proposé l’ouverture d’un guichet à la BADF. Il a donné son accord pour une rencontre intermédiaire avec les acteurs du monde rural entre deux JNP pour faire le point de la mise en œuvre des recommandations. Il a aussi exhorté les acteurs à s’activer pour la mise en place d’un secrétariat permanent de la JNP qui est une des 16 recommandations de la 20e édition.

Eliane SOME

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Les à-côtés

Les paysans offrent 6 tonnes de riz aux FDS
Pour marquer leur soutien aux Forces de défense et de sécurité (FDS) dans la lutte contre l’insécurité, les producteurs, à travers la CPF, ont offert 6 tonnes de riz aux FDS du Sud-Ouest. Cette bonne nouvelle a été annoncée par le président de la CPF, Bassiaka Dao, au cours de son intervention, suscitant des ovations.

Un conseil burkinabè de l’anacarde à problèmes
Le conseil des ministres du 20 mars 2019 a adopté un décret portant création du Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA). Ce qui aurait dû être une bonne nouvelle a plutôt offusqué l’Union nationale des producteurs d’anacarde du Burkina Faso. Son président, Eloi Nombré, a fait savoir, sans détour, au chef de l’Etat, qu’il n’y a pas eu de consensus lors des échanges qui ont précédé la création de ce conseil. Et pour exprimer son mécontentement, il n’a pas hésité à lui remettre une déclaration. En retour, Roch Marc Christian Kaboré a exigé qu’il produise un mémoire en défense pour donner les raisons de cette opposition.

Du riz importé servi à la JNP
Alors que la JNP prône la va-lorisation des produits locaux à travers une consommation nationale, c’est du riz importé qui a été servi aux participants à cette 21e vitrine du monde rural. Une situation qui a mis en colère le président de la CPF, Bassiaka Dao qui l’a relevé lors du dialogue direct avec le Président du Faso.

Un DP de Batié accusé
Manifestement, le courant ne passe plus entre un laitier du Noumbiel et le Directeur provincial (DP) en charge des ressources animales. Devant le Président du Faso, le laitier a accusé le DP d’être la cause des problèmes de la laiterie de la province.
Il affirme que depuis que ce responsable est arrivé, plus rien ne va, en ce sens qu’il y a un déficit de collaboration compromettant ainsi la production laitière. La laiterie fonctionne selon lui au ralenti et est au bord de la banqueroute.

La SONABEL à Batié dans une semaine
Interpellé sur les conséquences négatives des multiples délestages de courant à Batié sur l’économie rurale et la population, le ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, a annoncé que la SONABEL est à pied d’œuvre pour être dans la ville dans une semaine. Ce, afin de relayer la coopérative d’électricité qui y est manifestement dépassée par la demande.

– Ouamtinga Michel ILBOUDO

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« Que les promesses ne restent pas dans les tiroirs » !

A l’issue du dialogue direct avec le Président du Faso, des acteurs du monde rural ont exprimé leur satisfaction.

Bassiaka Dao, président de la CPF : « Nous avons formulé de nouveaux engagements »
« Nous sommes satisfaits des échanges avec le chef de l’Etat, parce que nous avons pu faire l’évaluation des engagements pris en 2017. Nous avons formulé de nouveaux engagements auxquels il a apporté un certain nombre de répon-ses. Cela veut dire que le dialogue direct a été assez satisfaisant. Concernant les engagements pris en 2017, nous constatons que six avaient déjà trouvé des solutions. Ceux qui ne le sont pas encore, nous les avons reconduits afin que le chef de l’Etat puisse s’y pencher. En ce qui concerne les questions sécuritaires, nous avons dit qu’il fallait donner la parole à l’ensemble des acteurs de la communauté pour que chacun puisse de manière significative collaborer avec les forces de défense pour sécuriser notre territoire ».

Moussa Traoré, président de la Chambre régionale d’agriculture des Hauts-Bassins : « Nos attentes sont comblées »
« Les échanges avec le Président du Faso se sont excellemment passés. Il y a eu la mise en œuvre de quelques recommandations passées. Certaines ont été réalisées. Par contre, d’autres sont encore à la recherche de solutions. Le chef de l’Etat a instruit les services techniques en rapport avec ces questions de poursuivre la mise en œuvre de ces recommandations en attendant la prochaine édition. Nos attentes sont donc comblées. Nous souhaitons une bonne campagne agricole 2019-2020 ».

El hadj Razack Oussalé, vice-président de la Chambre régionale d’agriculture du Centre-Sud : « Nous attendons la réaction du gouvernement à nos préoccupations »
« Nous sommes satisfaits à l’issue de ces échanges directs avec le chef de l’Etat. Nous avons posé un certain nombre de préoccupations. Quand je prends la province du Nahouri, il y a le parc du Nazinga et le thème de la rencontre porte sur l’insécurité. Donc, notre préoccupation est qu’on puisse maintenir la sécurité dans cette zone. La province produit assez de légumes et fruits. Nous avons à cet effet demandé un comptoir d’achat. Dans le Nouhouri, Zéco figure parmi les communes où il n’y a pas de retenues d’eau. Nous avons exprimé notre besoin en barrages. Nous sommes satisfaits de tout ce qui a été dit au cours des échanges. Mais nous attendons également la réaction du gouvernement par rapport à nos préoccupations ».

Yété Oumarou Ouédraogo, producteur de la région du Nord :
« Nous sommes convaincus qu’il y aura des changements qualitatifs »

« Cette édition a été bien organisée. Il y a eu une évolution. Les interventions des différentes délégations régionales et les réponses que les mi-nistres ont données nous ont convaincus qu’il y aura des changements qualitatifs dans les années à venir ».

Angèle Ouattara, productrice du Kénédougou : « Le Président du Faso a pris l’engagement de nous accompagner »
« Cette 21e édition a comblé mes attentes parce que le Président du Faso a pris l’engagement de nous accompagner. Mon souhait est que les producteurs se retrouvent à la 22e édition pour exposer d’autres préoccupations au chef de l’Etat ».

Joseph Thiéba, vice-président national des producteurs semenciers : « nous allons les juger à la prochaine JNP »
« L’édition de cette année a été nettement meilleure que les éditions passées. Pour une première fois, on a pu faire le bilan de la mise en œuvre des recommandations de la dernière édition comme on l’avait souhaité à Kaya. Beaucoup de gens aussi ont pu s’exprimer dans un temps relativement bref ; ce qui dénote d’une bonne préparation en aval.
Les promesses apportées par l’ensemble des ministres sont allées dans le sens souhaité par les uns et les autres. Seulement, nous voulons que cela ne reste pas dans les tiroirs. S’il est vrai qu’il y a des promesses fermes qui ont été faites, c’est véritablement à la réalisation de ces promesses que nous allons les juger à la prochaine JNP d’ici à 2021 ».

Propos recueillis par Boubié Gérard BAYALA et
Ouamtinga Michel ILBOUDO
sidwaya.info



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