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Affaire « Scandale à la croix-rouge burkinabè » : L’ex-Directeur national se blanchit
16 mai 2011

L’affaire continue de faire des vagues au sein de la Croix-Rouge burkinabè. Et nombreux sont ceux qui se demandent « si, dans cette ONG, le fric n’a pas finalement pris le dessus sur l’humanitaire ». Surtout après l’affaire des 674 millions de francs CFA disparus de la caisse et dont le procès n’a toujours pas été programmé alors que le juge chargé du dossier a terminé l’instruction depuis 2007. Et voilà qu’une autre affaire crée une folle polémique dans cette ONG à but humanitaire. L’ex-Directeur national de la Croix-Rouge burkinabè, Wéléti Maïga, qui a dû s’expliquer, à la demande du Conseil de Direction, sur « une activité financée mais non réalisée » et l’opacité qui a entouré ce dossier, affirme, dans ce droit de réponse, qu’il a les mains propres.

L’affaire continue de faire des vagues au sein de la Croix-Rouge burkinabè. Et nombreux sont ceux qui se demandent « si, dans cette ONG, le fric n’a pas finalement pris le dessus sur l’humanitaire ». Surtout après l’affaire des 674 millions de francs CFA disparus de la caisse et dont le procès n’a toujours pas été programmé alors que le juge chargé du dossier a terminé l’instruction depuis 2007. Et voilà qu’une autre affaire crée une folle polémique dans cette ONG à but humanitaire. L’ex-Directeur national de la Croix-Rouge burkinabè, Wéléti Maïga, qui a dû s’expliquer, à la demande du Conseil de Direction, sur « une activité financée mais non réalisée » et l’opacité qui a entouré ce dossier, affirme, dans ce droit de réponse, qu’il a les mains propres. Et que, durant les sept années qu’il a passées à la Croix-Rouge burkinabè, avant de recevoir « une demande d’explication à propos d’une activité financée non réalisée, puis une lettre de préavis de rupture de contrat », il a mis « les intérêts de la Croix-Rouge burkinabè (…) au-dessus de (ses) intérêts propres ». Voici sa part de vérité. (lire aussi la Note de la Rédaction juste après le droit de réponse)

Monsieur le Directeur de publication du Journal Le Reporter,

Dans votre parution N°64 du 15 au 28 février 2011, vous avez publié en première page un article intitulé « nouveau scandale à la Croix-Rouge burkinabè ». Dans cet article, vous relatiez la chronologie des faits concernant la somme de 1.500.000 F mise à disposition de la Croix-Rouge burkinabè par un partenaire pour la réalisation des « sessions de sensibilisation sur les risques des changements climatiques » et qui aurait disparu par le fait du Directeur national sortant que vous avez nommément cité.

Je voudrais relever ici que votre article porte atteinte à mon honneur et à ma réputation en ce qu’il comporte des contrevérités. Certes, votre source d’information vous a permis d’obtenir des documents internes à la Société nationale comme on a pu le constater, mais en tant qu’organe d’investigation, pour des raisons d’impartialité et de crédibilité, vous auriez dû aussi entendre le Directeur national sortant sur la version des faits pour une plus grande manifestation de la vérité.

De quoi s’agit-il en réalité ?

Dans la perspective d’insérer un programme de lutte contre les effets du changement climatique dans les programmes de la Croix-Rouge burkinabè, j’ai été amené à rencontrer en mai 2007, un des responsables du Centre pour le changement climatique qui avait séjourné à Ouagadougou, lors d’un atelier international sur la problématique du changement climatique.

Cette rencontre avait eu lieu en présence d’un membre du Bureau (Fédération) de la zone de Dakar qui avait pris part également à cet atelier de Ouagadougou.

Lors de la rencontre, le représentant du Centre pour le changement climatique a souhaité avoir les références de notre compte bancaire car il y aurait, bientôt selon lui, une rencontre internationale à la Hayes, et que si à l’issue de celle-ci notre Société nationale était retenue, elle bénéficierait d’un premier transfert pour le démarrage des activités du programme.

A la suite de cette rencontre, j’ai eu à échanger avec notre chef de service administratif et financier sur la question. Comme il pouvait être question d’un nouveau projet et par souci de transparence, nous avions convenu que ces fonds puissent être virés sur un des comptes de la Croix-Rouge qui n’était plus mouvementé. Dès que notre Société nationale serait officiellement retenue pour prendre part au programme de lutte contre le changement climatique, avec une note du Centre pour le changement climatique, alors il ne resterait plus qu’à écrire à la banque pour demander le changement de l’intitulé du compte pour tenir compte des nouvelles activités.

Cela s’est passé à plusieurs reprises, et il n’y a jamais eu de problèmes. Lorsqu’un compte ouvert par une institution dans les livres d’une banque est en instance de fermeture après l’exécution d’un projet ou d’une activité, et qu’un nouveau programme est en vue, l’institution peut demander à maintenir ce compte en procédant au changement de l’intitulé de celui-ci et en joignant à l’appui les documents officiels du nouveau projet ou programme. Lorsqu’on procède ainsi, on n’a plus de nouveaux frais d’ouverture de compte à payer, et le partenaire sait qu’il n’y aurait pas de prélèvement à cet effet sur ses fonds.

En juin 2007, quinze (15) Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant- Rouge, dont la Croix-Rouge burkinabè, ont été invitées à prendre part à un atelier international sur la problématique du changement climatique en Afrique à la Hayes.

S’agissant du protocole d’accord dont vous faites état, c’est lors de cette rencontre, à laquelle j’ai assisté, que j’ai eu à signer sur place un mémorandum annonçant notre désir de bénéficier d’un projet sur la réduction des risques de désastres en Afrique, à l’instar des14 autres Sociétés nationales prenant part à cet atelier.

Lorsque je suis rentré de mission, j’ai fait un compte rendu oral à madame la présidente comme je l’avais indiqué dans ma réponse à la demande d’explication qui m’a été adressée le 08 octobre 2009, soit plus de deux ans après ma mission à la Hayes.

Lors de l’atelier de la Hayes, il nous a été révélé que pour aboutir à l’élaboration d’un projet, le processus analysant la situation comportera quatre étapes que les candidats doivent observer.

A mon retour de mission, j’ai voulu faire en sorte que nous puissions gagner le pari de notre engagement à la réalisation du projet de lutte contre le changement climatique.

Les deux premières étapes du processus ont été réalisées et j’ai adressé le rapport des étapes 1 et 2 à la directrice du Centre pour le changement climatique le 18 août 2008. Ce rapport a été appuyé par une lettre d’explication détaillée où j’ai eu à indiquer à l’attention du partenaire tout ce qui s’est passé.

Sur la base de ce rapport, le chargé de programme du Centre pour le changement climatique, m’a proposé de remplir un questionnaire qui prend en compte l’étape 3 afin de permettre au Centre de finaliser le document de projet en faveur de notre Société nationale urgemment. C’est ce qui fut fait et le projet a été déposé avant décembre 2008 par le Centre et la zone de la Fédération de Dakar dont relève la Croix-Rouge burkinabè, auprès de la Banque mondiale pour être financé. Ce dossier a été bouclé auprès du partenaire depuis août 2008.

Et voici un passage de la lettre que l’assistante de la Directrice m’a envoyé le 28 août 2008.

« Je vous remercie pour e-mail détaillé adressé à Madeleen Helmer. Madeleen est actuellement en voyage et difficile à joindre, en conséquence j’aimerai répondre à votre e-mail.

Nous sommes très satisfaits de votre mail. Pablo Suarez a déjà donné ses commentaires sur votre document de référence, j’aimerais seulement aborder des aspects sur le processus du programme »

Pour ce qui est de la somme de 1.5000.000 FCFA, objet d’un « nouveau Scandale à la Croix-Rouge burkinabè » vous avez dit dans votre écrit que cette somme « serait portée disparue » et que le Directeur national était au cœur de cette grosse affaire.

Le Directeur national a passé près de sept (7) ans à la tête de l’exécutif de la Société nationale et ce qu’on trouve pour le salir, c’est une affaire de 1,5 million de FCFA !

Votre source doit le savoir, depuis 2003, les procédures de gestion financières et administratives mises en place au sein de la Société nationale répondent aux normes et principes comptables internationalement reconnus.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au niveau de la Croix-Rouge burkinabè, pour tout déblocage de fonds en dehors des salaires du personnel, une expression des besoins de dépenses doit être établie obligatoirement par les coordonnateurs des programmes ou les chefs de projets ou tout agent habilité au préalable. Cette expression des besoins doit être soumise au chef de service administratif et financier qui vérifie si la dépense est éligible avant que celle-ci ne reçoive le visa du Directeur national. Le chef de service administratif et financier est le gestionnaire des comptes de la Société nationale. Il détient les chéquiers, et les références de tous les comptes bancaires, et c’est lui seul qui établit les ordres de dépenses. Ni le Directeur national, ni la présidente de la Croix-Rouge burkinabè ne peuvent ordonner donc directement un déblocage de fonds. De plus, les cosignataires autorisés des chèques sont au nombre de trois.

Est-il imaginable que les fonds déposés sur un compte où la signature de trois personnes est obligatoire pour tout décaissement, puissent être dépensés sans que personne ne le sache, sauf le Directeur national ? Certainement pas.

En outre, votre article renferme une série d’affirmations contraires à la vérité que je vais développer.

En réponse à toutes ces affirmations incorrectes, je porte à votre connaissance ce qui suit :

1. le dossier du projet de lutte contre le changement climatique a été finalisé en août 2008 avec un questionnaire (en réponse à l’étape3) que nous avons rempli aussitôt et retourné au Centre pour compléter le document de projet qui a été soumis à la Banque mondiale (par la zone de Dakar et le Centre) en décembre 2008. Dans ma correspondance du 18 août 2008, j’ai eu à expliquer à la Directrice du Centre ce qui s’était passé. La réponse de l’assistante de la Directrice en date du 28 août 2008 (voir extrait ci-dessus ») montre, si besoin en était, que l’affirmation concernant la non-réalisation d’une activité qui a été dramatisée à dessein ne provient pas du Centre.

2. Le Directeur n’a rien « tenté de recoller » comme cela est dit dans l’article publié. La seule et unique correspondance de celui-ci à la Directrice du Centre date du 18 août 2008. Ce dossier a été bouclé depuis décembre 2008, et financé par la Banque mondiale et nous attendions seulement de mettre le projet en œuvre comme je l’avais bien indiqué dans ma réponse à la demande d’explication que la présidente m’avait adressée en octobre 2009. L’assistante de la Directrice a eu à répondre à cette lettre le

28 août 2008. Il n’y a eu aucune autre correspondance, ni ordinaire, ni confidentielle entre le Centre et moi après.

3. Pour ce qui est de l’affirmation concernant les « sources proches du Centre pour le changement climatique » et faisant état des « documents justificatifs qui n’avaient rien à voir avec le projet correspondant aux fonds transférés », cela relève de l’imagination de votre informateur. En outre, il n’y a jamais eu de justificatifs adressés au bailleur de fonds de ma part. Dans la demande d’explication qui m’avait été adressée le 08 octobre 2009 par madame la présidente, quatre questions m’ont été posées et la troisième était précisément formulée comme suit :

« Pourquoi avez-vous fait parvenir au partenaire des documents justificatifs qui n’avaient rien à voir avec le projet ». Dans ma réponse j’ai été clair. Deux rapports en lien direct avec l’étape 1 du programme de lutte contre le changement climatique ont été envoyés au partenaire (l’étape 1 concerne l’information et la sensibilisation de l’institution sur la problématique du changement climatique). Il s’agissait des rapports suivants :

- Un rapport sur le Burkina Faso face à la question des changements climatiques ;

- Un rapport sur la préparation au changement climatique (étape 1).

Dans ce dernier rapport, j’ai mentionné que la Direction avait saisi l’opportunité de la formation sur l’éducation environnementale qui a été organisée les 13 et 14 août 2007 dans le cadre du « projet jeunesse » à l’attention d’une quarantaine de volontaires pour insérer le thème sur le changement climatique lors de la deuxième journée. J’ai pris soin de préciser que « le financement a été assuré par les fonds de l’impératrice Shôken, et que seuls les volontaires ont bénéficié de la prise en charge ». A aucun moment, il n’a été question de justificatifs à mon niveau. Mes propos ont été interprétés à dessein. Comment aurais-je pu dire que les fonds n’ont pas été dépensés dans ma lettre du 18 août 2008 au partenaire, et me mettre à rechercher des justificatifs au même moment pour dire que ces fonds ont été dépensés !

4. S’agissant de l’affirmation disant que « le conseil de Direction, acculé par le partenaire financier, s’est vu obligé d’adresser une correspondance au Directeur national », je puis vous démontrer le contraire. Jugez-en vous-mêmes : le projet élaboré dans le cadre de la lutte contre le changement climatique a été clôturé en décembre 2008. Dans le bureau de madame la présidente, deux membres du conseil de Direction ont été saisis pour la première fois le jeudi 1er octobre 2009 en ma présence, à propos d’une activité qui aurait été financée mais non réalisée dans le cadre de la lutte contre le changement climatique par le Directeur national. Séance tenante, « l’un des deux membres du conseil que je me garde de nommer a réagi en ces termes : « Ce problème doit nécessairement être tranché par le conseil de Direction ». C’est dans ce contexte que j’ai reçu, le 08 octobre 2009, une demande d’explication de madame la présidente.

Dans la demande d’explication qui m’avait été adressée, quatre questions m’ont été posées, et j’ai répondu une à une à ces questions. Après cette réponse, j’ai reçu le 18

mai 2010 un pli fermé contenant la lettre de préavis de rupture de contrat datée du 12 mai 2010.

La décision a été prise dans la réalité au seul niveau du conseil de Direction. Il n’ya eu aucune pression de la part du partenaire au niveau duquel ce projet a été clôturé depuis décembre 2008.

5. Pour ce qui est de la question du licenciement du Directeur national, comme le disait un éminent historien de ce pays, « il n’y a de plus sourd que celui qui ne veut entendre ».

A la suite d’un dossier clôturé depuis décembre 2008, soit un an et neuf mois après, le Directeur national qui, après près de 07 années à la tête de l’exécutif de la Société nationale, reçoit une demande d’explication à propos d’une activité financée non réalisée, puis une lettre de préavis de rupture de contrat ; on ne voit pas ou se trouve la pression. Il a fallu mûrir la réflexion aux conséquences d’une telle décision. Personnellement, je n’ai jamais voulu réagir par rapport à ce dossier parce que tout simplement, j’ai décidé de mettre les intérêts de la Croix-Rouge burkinabè, cette institution humanitaire que j’ai eu à servir des années durant, au-dessus de mes intérêts propres.

La raison en était simple. J’ai pris service le 23 septembre 2003 à la tête de l’exécutif de la Croix-Rouge burkinabé, au moment où celle-ci traversait la plus grande crise de son histoire. J’ai aidé à reconstruire cette Société nationale en sept ans au prix de nombreux sacrifices avec des collaborateurs tout aussi dévoués. La Croix-Rouge burkinabè a été réhabilitée et son rayonnement devenu encore plus grand. Entre 2007 et 2009, la Société nationale a été honorée de la médaille d’honneur des collectivités, décorée « Chevalier de l’ordre de Mérite burkinabè » et a reçu une attestation de reconnaissance de la CEDAO. Quelqu’un d’autre pourrait vouloir ternir l’image de cette institution que j’ai servie avec dévouement, mais pas moi.

Monsieur le Directeur de publication, ce droit de réponse de ma part m’a été dicté par le souci de rétablir la vérité pour un article qui m’accuse à tort et qui salit mon image et ma réputation.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur de publication, l’assurance de ma considération distinguée.

Wéléti MAIGA

Chevalier de l’ordre de Mérite

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