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Enseignement supérieur au Burkina Faso : les universités face au système LMD
15 novembre 2011

L’enseignement supérieur connaît une évolution. Que ce soit du côté des étudiants, du personnel universitaire, du corps professoral, la recherche d’un système qui permettrait à tous de mieux booster le développement des universités serait la bienvenue. Effectivement, le système universitaire existant basé à majorité sur la théorie ne favorise pas l’évolution professionnelle de l’étudiant. Ce système hérité du temps colon montre bien la non adaptation de l’enseignement à notre contexte africain. Depuis quelques années, un nouveau système tend à être mis en place dans les universités francophone d’Afrique. Il s’agit du système LMD (Licence-Master-Doctorat)

L’enseignement supérieur connaît une évolution. Que ce soit du côté des étudiants, du personnel universitaire, du corps professoral, la recherche d’un système qui permettrait à tous de mieux booster le développement des universités serait la bienvenue. Effectivement, le système universitaire existant basé à majorité sur la théorie ne favorise pas l’évolution professionnelle de l’étudiant. Ce système hérité du temps colon montre bien la non adaptation de l’enseignement à notre contexte africain. Depuis quelques années, un nouveau système tend à être mis en place dans les universités francophone d’Afrique. Il s’agit du système LMD (Licence-Master-Doctorat)

Historique du LMD

Officiellement, le LMD a été envisagé en Europe depuis une décision de Bologne qui concernait les pays d’Europe d’avoir une même base de formation, d’équivalence des diplômes et une même base d’échange d’étudiants mais aussi de professeurs. Le processus de Bologne a la vertu d’inciter à repenser les modes d’enseignement et d’apprentissage en fonction des demandes sociales auxquelles il veut apporter des éléments de réponse. (Source : Les universités africaines francophones face au LMD, Page 267).

Autour des années 85-90, la mise en œuvre du LMD est apparue comme une nécessité pour les universités francophones d’Afrique. Au vue de celles anglophones qui étaient déjà dans ce système, les différentes missions organisées dans plusieurs pays d’Europe et d’Afrique ont démontré le retard que l’enseignement supérieur francophone connaissait.

Mais ce fut au début des années 2000 que la France entra dans le LMD. Du même coup, l’enseignement supérieur d’Afrique francophone, toujours en lien avec le système français se vit obligé d’y entrer. En effet, refuser le système LMD, c’est s’isoler du processus de mondialisation. Pour le professeur André Nyamba, Sociologue, chercheur et Maître de conférences à l’Université de Ouagadougou, l’ancien système d’enseignement supérieur devait être remis en cause parce que l’écart entre les entrées à l’université et les sorties avec possibilités de travail est trop grand.

La mise en œuvre du système LMD

Il est prouvé que l’enseignement actuel n’est pas en rapport avec le contexte africain. L’enseignement sous le LMD devrait donc prendre appui sur l’environnement social et chaque pays définira ses priorités en fonction de son contexte. Dans le cas du Burkina Faso, cette mise en œuvre s’avère assez difficile. D’autant plus que la date d’entrée en vigueur du LMD est prévue pour 2012.

Il y a deux régimes d’étude, le régime normal pour les jeunes bacheliers et le régime salarié pour les travailleurs. Le LMD prévoit que le travail de l’apprenant soit évalué en crédit (la charge de travail qui incombe à l’apprenant).

L’emploi du temps sera divisé en trois temps avec une charge de travail plus importante pour l’étudiant à travers notamment ses recherches personnelles. Il y a les unités d’enseignements fondamentaux et les unités d’enseignements transversaux qui sont obligatoires pour tous les étudiants d’un même parcours de formation. Dans le cas des unités d’enseignements optionnels, l’étudiant doit faire un choix en accord avec l’équipe de formation. Enfin, il y a les unités d’enseignements libres qui correspondent à des mises à niveau pour ceux dont les pré-acquis sont insuffisants.

La notion de crédits, elle, correspond à la charge de travail de l’étudiant à travers les travaux dirigés, les travaux pratiques, les stages et le travail personnel. Notons que 1 semestre correspond à 30 crédits soit 600 à 700 heures de travail par l’étudiant. Nous avons donc :

  • pour la licence : 6 semestres dont 180 crédits
  • pour le master : 4 semestres dont 120 crédits
  • pour le doctorat : 6 semestres dont 180 crédits

L’enseignement est organisé non plus en années mais en semestre. Un semestre correspond à 15 semaines dont 12 semaines d’enseignement plus 3 semaines d’évaluation. La licence à bac+3 devient le premier diplôme délivré, ce qui impose un objectif de réussite pour la grande majorité des étudiants. Le diplôme à bac+4 disparaît et celui suivant la licence est le bac+5. Les diplômes seront obtenus par accumulation de crédits capitalisables c’est-à-dire validés définitivement.

Pour le REESAO (Réseau pour l’excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’ouest), le système LMD doit avoir une prise aussi sur l’environnement mondial. De ce fait, l’anglais et l’informatique deviennent obligatoires pour tout étudiant.

Les difficultés dans la mise en œuvre du LMD

Pour les responsables et les enseignants, les difficultés que connaissent déjà nos universités liées en grande partie au fonctionnement de leur enseignement supérieur font obstacle à mise en œuvre du LMD.

D’abord, le manque de moyens ainsi que les fonds pour l’ancien système n’ont pas évolué. Ensuite, les problèmes sociaux sont accablants pour les étudiants et les enseignants. En raison notamment des nombreuses revendications des étudiants pour de meilleures conditions de vie, mais aussi des enseignants pour leur revendication salariale. Le système LMD démarre sans qu’il y ait une maîtrise des rouages internes et externes.

Au départ, certains responsables d’université n’y croyaient pas et ceux qui s’y étaient impliqué se désintéressent aujourd’hui. Aussi, il ya la méconnaissance autant des enseignants que des étudiants du système. Les difficultés peuvent se ressentir aussi au niveau psychologique. En effet, les anciens enseignants pensent qu’ils sont sur la touche. Mais pour y remédier, des formations ont été mises en place pour enrichir leur connaissance notamment sur le plan de l’informatique. Mais cela fut un échec.

Une autre difficulté est la non-association des étudiants. La solution aurait été la mise en place d’une campagne d’information à travers des conférences, des débats dans chaque unité de formation et de recherche. Mais cela ne fut pas le cas. Il y a effondrement du système du fait d’énormes problèmes sociaux, académiques mais aussi économiques. De l’avis du professeur André Nyamba, il faudra un certain temps pour que le système soit rôdé et accepté.

La nécessité du LMD

L’enjeu du passage au LMD dans nos universités est nécessaire parce qu’il s’agit pour elles de se maintenir dans les débats scientifiques, internationaux mais aussi de pouvoir s’inscrire dans les systèmes d’échanges de professeurs et d’étudiants. Avec le LMD, il y a une vue d’ensemble de l’enseignement et donc l’étudiant devient le propre contrôleur de sa formation. Aussi, il y a l’allègement des enseignements, le développement de la professionnalisation des formations. L’étudiant ne s’enferme plus dans une discipline ou département et peut même changer d’orientation.

Notons que le LMD est utilisé par de nombreuses universités pour faire affluer les étudiants vers elles même si en réalité, ce système n’est pas toujours appliqué en leur sein. Selon André Nyamba, l’université publique est la base la plus sérieuse et c’est de là que tout va démarrer. En attendant, l’imposition du système s’avère inévitable. Il faudrait donc que les universités mettent tout en œuvre pour l’appliquer.

Pascaline Bicaba, pour Burkinpmepmi.com




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