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L’intégralité du discours du Général Tiemoko Marc GARANGO, Parrain 2ème édition des Trophées des Banques et Établissements Financiers des PME au Burkina
11 mars 2015

Je lance un appel pressant à tous les acteurs du financement pour qu’ils inscrivent dans leurs programmes de développement la problématique du financement de la Petite et Moyenne Entreprise au Burkina Faso. Il me plait d’adresser mes vives félicitations à toutes les Banques et à tous les Établissements Financiers qui seront distingués ce soir tout en souhaitant que le « trophée » qui trônera sur leurs bureaux les incitera à faire davantage pour les PME

Mot du Général Tiémoko Marc GARANGO, Parrain de la deuxième édition des « Trophées » 2012 des Banques et Établissements Financiers des PME au Burkina Faso

Thème : « Quel financement pour soutenir l’action des PME burkinabè "

Mesdames et Messieurs les Autorités à vos titres et rangs respectifs,
Mesdames et Messieurs les responsables du secteur bancaire,
Mesdames et Messieurs les entrepreneurs des PME,
Honorables participants,

Nous voila réunis ce soir vendredi 21 décembre 2012 pour la deuxième édition des " Trophées " 2012 des Banques et Établissements Financiers des PME au Burkina Faso sous le thème : « Quel financement pour soutenir l’action des PME burkinabè ».

Cette manifestation m’a paru digne d’intérêt parce qu’elle concerne une catégorie d’opérateurs économiques vulnérables mais dont le rôle dans le développement socio-économique de notre pays est très important. De ce fait, ces PME et PMI méritent d’être soutenues par des actions appropriées pour leur constitution, leur développement et leur performance.

En acceptant de m’associer à cette deuxième édition des « Trophées » 2012, c’est pour encourager le jeune et dynamique comité d’organisation et le jury constitué d’éminentes personnalités qui poursuivent le noble objectif de promotion des Petites et Moyennes Entreprises au Burkina Faso et nous offrent ainsi l’occasion d’assister ce soir à ce rendez-vous mémorable grâce à la visibilité que la presse nationale et internationale en donneront.

Il m’a été surtout agréable de marquer mon accord pour parrainer les « trophées » 2012, afin d’apporter ma contribution au débat sur l’évolution des Petites et Moyennes Entreprises au Burkina Faso et d’inviter les PME du Burkina Faso à ne pas céder à la facilité qui ne pays jamais mais qui se paye toujours chèrement.

En effet, les Petites et Moyennes Entreprises sont reconnues comme l’une des catégories les plus importantes de l’économie nationale ; de ce fait, leur développement devrait faire l’objet d’une attention toute particulière afin d’améliorer leurs contributions d’émergence et leur compétitivité.

C’est dans cette perspective qu’en 1994 en réponse à la question d’un journaliste pour savoir si le système bancaire actuel était adapté aux besoins de financement des investissements, j’avais répondu que le système bancaire était en surliquidité alors que le financement du secteur privé était insuffisant, ce qui était paradoxal.

Cependant, il faut reconnaître que les relations entre les entrepreneurs privés et les banques sont souvent empreintes de malentendus qui font que les besoins de financement des entreprises sont mal satisfaits parce que l’accès au crédit est difficile ; dans ce cas, pour justifier cette situation contradictoire, les banques et les entrepreneurs se rejettent la balle parce que pour les banquiers, les dossiers ne sont pas toujours bancables et parce que la surliquidité est constituée de ressources à court terme des dépôts à vue tres volatiles donc impropres à des financements à long et moyen terme, alors que pour les entrepreneurs, les banquiers se cantonnent dans une analyse financière classique et ne sont pas suffisamment réceptifs.

Ainsi, il apparait que nous risquerions de nous enliser dans cette situation d’incompréhension d’où l’impérieuse nécessité de trouver des solutions adéquates et acceptables pour les deux parties.

C’est dans ce but qu’en tant que ministre des finances et du commerce de Haute-Volta j’avais créé en 1974 un fonds de garantie et de promotion des Petites et Moyennes Entreprises logé à la Banque National de développement (BND) destiné, sous certaines conditions d’une part à garantir les prêts aux PME auprès des banques qui sont ainsi rassurées et d’autre part, à former par un renforcement de leurs capacités et de leurs compétences, ces entrepreneurs pour les amener progressivement à évoluer du secteur informel vers le secteur formel structuré plus profitable à l’économie et à la création d’emplois.

C’est conscient de cette nécessité que dans le cadre de la reforme des institutions de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) de 1972 à 1975 dont j’assurais la présidence du comité des ministres des finances chargé de cette reforme que la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a été créé et comporte des modes d’intervention adaptés au secteur privé avec des volets diversifiés tels que garantie des prêts, bonification d’intérêt de lignes de crédit, allongement de la durée du crédit et fonds d’étude pour le financement du montage de projets sans oublier les prises de participation dans le capital social des entreprises privées.

En principe, de mon point de vue le dispositif de promotion et de consolidation des PME relève prioritairement de la responsabilité des pouvoirs publics avec des ressources budgétaires autonomes hors système bancaire et des mesures d’ordre fiscal ou bien dans le cadre de la politique de la monnaie et du crédit en relation avec la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dont notamment les taux directeurs peuvent servir de base de départ pour la détermination des taux d’intérêts supportables par les prêts aux Petites et Moyennes Entreprises alors que les banques de leur coté pourraient bénéficier de lignes de refinancement auprès de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour contribuer au financement des micro-projets et au développement des PME.

En définitive, les différentes actions de financement des PME pourraient se coordonner en synergie avec celles du gouvernement dans le cadre de sa politique en faveur de la jeunesse et de l’emploi qui dispose d’une panoplie de mécanismes de promotion adaptées à chaque catégorie concernée.

Il est probable que la combinaison de ces différentes mesures de financements et de promotion pourrait aider à faire de ces Petites et Moyennes Entreprises le moteur de la croissance de notre économie.

Cette cérémonie de remise des prix vise à récompenser les efforts des banques et établissements financiers qui manifestent le plus de volonté dans l’accompagnement des PME et vise aussi à renouveler l’attention sur cette question de financement fondée sur l’idée que la vitalité des PME doit désormais s’accompagner de politiques publiques conséquentes à même de promouvoir efficacement leur développement.

Ces moments de remise de distinctions sont une belle occasion d’aborder l’ensemble des questions relatives au financement des PME et de fournir à tous les secteurs les éléments de référence et les orientations originales mis en évidence aujourd’hui.

Il me plait d’adresser mes vives félicitations à toutes les Banques et à tous les Établissements Financiers qui seront distingués ce soir tout en souhaitant que le « trophée » qui trônera sur leurs bureaux les incitera à faire davantage pour les PME ; mes encouragements vont à toutes les institutions de financement qui ont postulé pour les « trophées » 2012.

Par ailleurs, je lance un appel pressant à tous les acteurs du financement pour qu’ils inscrivent dans leurs programmes de développement la problématique du financement de la Petite et Moyenne Entreprise au Burkina Faso.

Quant aux Établissements de Crédits et aux PME, je vous invite à « toujours agir et jamais subir » telle est ma devise.

Je vous remercie.

Ouagadougou, le 21 décembre 2012

Le Général Tiémoko Marc GARANGO
Grand Croix de l’Ordre National
Premier Médiateur du Faso

Burkinapmepmi.com




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