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Portrait d’entrepreneur : Khadidiatou Nakoulima, co-fondatice de NEST For All, un réseau de cliniques privées dédiées à la Santé de la Femme et l’Enfant à Dakar
19 janvier 2015

Le conseil que je donnerais aux jeunes entrepreneurs est de ne pas avoir peur de partager ses idées. C’est en les partageant que nous parvenons à obtenir les conseils et l’accompagnement nécessaires à la concrétisation de nos projets.

Étonnant parcours que celui de Khadidiatou Nakoulima : ingénieure de formation venue étudier à l’école des Mines de Paris, elle décide, en 2009, de créer avec son frère un réseau médical pour la femme et l’enfant au Sénégal. Un projet concrétisé avec l’ouverture d’un premier plateau médical pédiatrique en 2011 et l’ouverture d’une maternité en 2013.

Khadidiatou Nakoulima a grandi dans une famille de médecins, son père et ses oncles exerçant la profession. Le domaine de la santé au Sénégal lui est donc familier, et les histoires de ces femmes ayant perdu confiance dans le système de santé Sénégalais, faute d’écoute et d’attention, serviront de moteur et de ligne directrice au projet NEST. L’objectif du réseau médical est ainsi de permettre aux femmes de donner naissance dans les meilleures conditions et de bénéficier d’un suivi pendant et après leur grossesse.

Khady a 24 ans quand elle se lance dans l’aventure. Tout juste diplômée de l’école des Mines, elle fait le choix de l’entrepreneuriat alors que ses camarades de promo intègrent pour la plupart des grandes entreprises ou cabinets de conseil. Un choix audacieux, sans doute facilité par le fait d’avoir suivi l’option Innovation et Entrepreneuriat proposée par les Mines, qui lui a permis de rencontrer une vingtaine d’entrepreneurs et d’investisseurs. Mais le véritable déclic a lieu lorsque son frère fait la découverte d’un réseau de cliniques privées particulièrement innovant en Inde. Avec l’idée de répliquer ce modèle au Sénégal, Khadidiatou laisse de côté les entretiens d’embauche et se lance dans le projet : rencontres avec des professionnels de l’entrepreneuriat et de la santé, voyage d’immersion en Inde, études sur le milieu de la santé au Sénégal… Des mois de travail sont nécessaires pour aboutir à la fondation de Nest. Mais malgré les contraintes, Khady souligne la « satisfaction d’avoir un impact réel et de donner un sens à son travail ».

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L’interview de Khady Nakoulima

Revenons sur la genèse du projet : comment est née l’idée de Nest ? quelles étaient les motivations ?

Au cours de ses études de MBA aux Etats-Unis en 2008, mon frère Ousseynou a été inspiré par les cas de réseaux d’hôpitaux privés en Inde qui offraient un service de santé de qualité accessible aux classes moyennes ; en particulier le cas de Lifespring Hospitals, un réseau de maternités à Hyderabad. Il a eu alors l’envie de reproduire ce modèle au Sénégal où les femmes enceintes vivent souvent l’incertitude de trouver une structure d’accueil de qualité au moment de leur accouchement. Quand j’ai terminé mes études d’ingénieur en 2009 à Paris, le projet m’a tout de suite convaincue. J’ai choisi de me consacrer à plein temps au projet NEST. Il s’agissait d’abord de monter un business plan viable, qui atteigne à la fois des objectifs de rentabilité et d’impact social.

Pour cela, j’ai participé à une compétition internationale de Business Plan à vocation sociale, la Global Social Venture Competition. Nous sommes arrivés 4ème sur 500 projets en finale à Berkeley après 2 rounds de sélection à Paris et à Londres. Cela nous a permis de confronter notre business plan à des investisseurs et des entrepreneurs. J’ai ensuite effectué une immersion de 3 mois chez Lifespring hospitals en Inde pour comprendre comment fonctionnait leur modèle.
Le projet a été incubé pendant 3 ans par Antropia, l’incubateur social de l’ESSEC qui a mis à notre disposition des mentors pour nous accompagner et nous conseiller. Fort de ces expériences et de ces soutiens, nous avons démarré nos activités officiellement en Juin 2011 avec un plateau médical, puis nous avons ouvert une clinique en Novembre 2013.

Comment s’est passée votre rencontre avec I&P ? Qu’avez-vous retiré de ce partenariat ?

La première rencontre avec I&P a eu lieu lors d’un petit déjeuner autour de l’entrepreneuriat social organisé par BNP Paribas et auquel j’avais été invitée en tant que porteur de projet incubé chez Antropia. J’ai obtenu très vite un rendez-vous pour pouvoir présenter mon projet à Jeremy Hajdenberg chez I&P. A partir de ce moment, I&P nous a accompagnés dans notre démarche entrepreneuriale : dans l’étude de faisabilité du projet, dans l’étude de la demande au Sénégal et des exigences du secteur de la santé. Nous avons bénéficié très tôt chez NEST d’une mission d’assistance technique au Sénégal en fin 2010.

Ce que je retiens principalement du partenariat avec I&P est l’accompagnement qui est offert aux entrepreneurs. Il s’agit d’un accompagnement essentiel dans un contexte africain où nous ne trouvons pas toute l’expertise et la compétence dont nous avons besoin pour bien démarrer et piloter nos entreprises.

Comment envisagez-vous le futur de NEST ? Avez-vous des projets en vue à court et long terme ?

La mission de NEST étant d’offrir un service de qualité pour la Femme et l’Enfant, notre objectif à court terme est d’abord de remplir cette exigence de qualité grâce à la mise en place de procédures aux standards internationaux. Nous sommes dans cette démarche depuis le début du projet.
Notre deuxième objectif, à plus long terme, est de nous étendre dans les centres urbains et péri-urbains, en croissance en Afrique, et en manque crucial d’infrastructures de santé.

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes entrepreneurs ?

Le conseil que je donnerais aux jeunes entrepreneurs est de ne pas avoir peur de partager ses idées. C’est en les partageant que nous parvenons à obtenir les conseils et l’accompagnement nécessaires à la concrétisation de nos projets.

ietp.com


Vos réactions

  • oui moi je me nomme SEGDA W. ARISTIDE . J AI 32 ANS j ai une licence en gestion des projets je suis burkinabé , Secrétaire Général du Cercle des jeunes entrepreneurs sociaux du Burkina ( CERJES/BF) . . J’ ai été formé par L ’ UNESCO et je suis à la recherche d’une meilleure promotion . Je désir correspondre avec KADIDIATOU NAKOULIMA et bien d autres jeunes entrepreneurs au niveau mondial

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