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La quête de l’accès à Internet
22 janvier 2015

l’année qui vient de s’écouler a vu l’annonce d’un certain nombre d’initiatives privées et publiques qui ont pour but d’élargir l’accès à Internet et la connectivité à des régions et à des populations jusque-là ignorées.

Le bilan de l’année 2014 a surtout été marqué par la vitesse phénoménale à laquelle les TIC continuent à se répandre en Afrique et même à émerger au sein même du continent.

La hausse des investissements en infrastructures a permis de réduire le coût d’Internet dans de nombreuses régions du continent et la pénétration du haut débit mobile atteint pratiquement 20 % alors qu’elle n’était que de 2 % en 2010.

De nombreux analystes prédisent que ce boom de l’accès mobile et Internet va entraîner la création de multiples entreprises, start-up et offres de services liées à Internet et donc une période de croissance économique. La Banque mondiale estime, en effet, qu’une hausse de 10 % de la connectivité entraîne une hausse de 1,38 % du PIB.

Cette évolution promet également d’avoir une influence notable sur la relation que les citoyens entretiennent avec le commerce, l’éducation et l’industrie, et donc un impact plus large sur la société en général. Mais comment ces tendances vont-elles évoluer en 2015.

Pénétration et diffusion d’Internet – entre les différentes régions et dans les foyers

Pour maximiser les bénéfices de l’innovation et de la croissance africaines dans le domaine des TIC, l’espace technologique en lui-même va continuer à s’étendre au-delà de ses frontières actuelles. Bien que le nombre d’utilisateurs d’Internet atteigne environ 26,5 % de la population, contre 16 % fin 2013, le dernier rapport de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indique que 29 des 38 pays africains analysés sont considérés comme les pays les moins connectés au monde.

Toutefois, l’année qui vient de s’écouler a vu l’annonce d’un certain nombre d’initiatives privées et publiques qui ont pour but d’élargir l’accès à Internet et la connectivité à des régions et à des populations jusque-là ignorées.

Outre les investissements majeurs réalisés par les géants mondiaux des technologies, certaines initiatives locales ont également vu le jour, notamment le plan d’investissement rwandais de 34 millions d’USD lancé par l’entreprise mauricienne Liquid Telecom qui, sur la base de son initiative East Africa Fibre Ring, va déployer la technologie FTTH (Fibre jusqu’au domicile) au Kenya et en Ouganda dans les années à venir, mais aussi faciliter la possibilité pour les pays voisins de se connecter à son réseau au Rwanda.

Bien que les câbles à fibres optiques soient devenus la solution la moins onéreuse pour la plupart des régions africaines (16 câbles sous-marins connectent dorénavant une grande partie du continent à l’Amérique, à l’Europe et à l’Asie), de nombreuses régions isolées manquent encore d’infrastructures adéquates.

Au cours de l’année à venir, de nouvelles solutions novatrices comme les drones ou les ballons stratosphériques seront testées pour tenter d’atteindre ces régions isolées. Le projet Loon de Google a notamment pour but de créer un réseau d’antennes sans fil sous la forme d’une série de ballons gonflés à l’hélium qui flotteront dans les courants de la stratosphère, à une altitude comprise entre 10 et 50 kilomètres.

Du côté des réformes réglementaires et politiques, l’Alliance pour un Internet abordable (Alliance for Affordable Internet – A4AI) progresse régulièrement vers son objectif de réduction du coût de l’accès à Internet sur l’ensemble du continent. En 2014, l’organisation (qui rassemble le secteur public, le secteur privé et des ONG) a signé un protocole d’accord avec le gouvernement du Mozambique pour faire tomber les barrières à l’accès à Internet. Elle a également joué un rôle essentiel dans l’engagement pris par le gouvernement du Ghana de supprimer les droits à l’importation faramineux qui pèsent sur les smartphones. Ces mesures sont les premières prises par l’organisation pour œuvrer à la baisse des coûts d’accès à Internet par le biais des réformes politiques.

Mobilité et connectivité : prix des smartphones

La croissance rapide du marché des appareils mobiles est le facteur qui aura probablement le plus d’impact sur le développement, dans des secteurs tels que l’éducation, l’agriculture et la santé.

L’augmentation du nombre d’entreprises de vente de smartphones sur le continent a conduit à une véritable explosion des téléphones bon marché, sachant que les prix devraient continuer à baisser en 2015. L’année à peine commencée, Microsoft avait déjà dévoilé le smartphone le moins cher au monde : le Nokia 215, qui sera vendu au prix de 29 $ seulement.

Avec cette nouvelle accessibilité des smartphones, il est probable qu’une part significative des nouvelles connexions à Internet se feront par le biais de technologies mobiles qui devraient prendre le pas sur les connexions fixes (ordinateurs portables et PC). Sachant que les prévisions tablent sur pas moins de 334 millions de smartphones connectés en Afrique en 2017, une profusion de nouvelles opportunités va voir le jour dans le secteur du développement des TIC pour répondre aux besoins des utilisateurs nouvellement connectés.

Une lumière s’allume en Afrique : électrification et éducation

Les Nations unies ont fait de 2015 l’Année internationale de la lumière et des techniques utilisant la lumière, afin de sensibiliser le monde à la science de la lumière et au fait que les techniques utilisant la lumière sont capables de promouvoir le développement durable et d’apporter des solutions aux enjeux mondiaux que sont l’énergie, l’éducation, l’agriculture et la santé.

L’organisation estime que 25 % à 30 % seulement des écoles africaines ont accès à l’électricité, ce qui constitue une entrave à l’accès aux nouvelles technologies et aux nouveaux outils éducatifs, facteurs de mobilité sociale et de lutte contre la pauvreté sur le continent. Des études récentes suggèrent, en outre, qu’une hausse de 1 % du taux d’électrification peut conduire à une hausse de 0,166 % du taux d’alphabétisation dans les pays en développement.

Les problèmes d’accès à l’électricité sont notamment liés à la vétusté, au coût et au manque de fiabilité du réseau du XIXe siècle, qui est pourtant la seule solution dont disposent de nombreuses communautés. Les voix sont donc de plus en plus nombreuses à s’élever pour réclamer le remplacement de l’ancien réseau, particulièrement au vu des nouvelles technologies qui améliorent de jour en jour l’efficacité et l’accessibilité de l’électrification.

Dans les prédictions technologiques 2020 du Forum économique mondial, Amit Narayan, PDG d’AutoGrid, estime que cette transition est faisable. « L’avancée des nouvelles technologies conduit à une modification des modèles d’entreprise et des scénarios d’utilisation qui rendent cette évolution possible, explique-t-il. Dans quelques années, le monde sera enfin véritablement électrifié. »

Quelques progrès notables…

La prolifération de la connectivité sur le continent devrait conduire à un certain nombre de changements intéressants dans les domaines de l’éducation et du développement au cours de l’année à venir, des changements spécifiquement axés sur le contexte africain comme l’augmentation des applications peer-to-peer et des services en ligne basés sur de nouvelles infrastructures. M-KOPA, par exemple, a déjà lancé des services d’électricité « pay-as-you-go » pour les clients hors réseau, tandis qu’Esoko, une plate-forme de communication du Ghana, offre aux agriculteurs la possibilité d’accéder aux prix du marché, puis d’acheter, de vendre ou de passer commande. Sidmach Technologies s’est associée au Conseil national de recherche et de développement dans l’éducation (NERDC) du Nigeria pour introduire le portail e-Curriculum dans les écoles, tandis que Philips et AMREF ont collaboré au développement de solutions éducatives en ligne pour améliorer l’efficacité des infrastructures et de l’éducation à la santé.

elearning-africa.com


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