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“ Il faut que les acteurs soient suffisamment mieux préparés pour pouvoir participer au dialogue inclusif “ - Secrétaire exécutif du Réseau Ouest africain des Céréaliers (ROAC)
14 juin 2015

Charles Nouatin est un Economiste planificateur. Un vieux routier, qui durant des années a travaillé avec la Plate-forme nationale des Organisations paysannes du Bénin (PENOPA) ; donc un habitué de la maison. M. Nouatin revient ici sur la mission à accomplir et le rôle à jouer par nos Etats pour atteindre les objectifs fixés par le réseau de céréaliers.

Mise en place depuis Mars 2013, le Réseau Ouest-africain des Céréaliers (ROAC) est une structure régionale dont la mission est d’accompagner les Communautés économiques régionales (CER) pour mieux structurer le commerce des produits céréaliers en Afrique de l’Ouest et assurer un bon système d’information pour faciliter la fluidification des produits céréaliers dans l’espace Cedeao. Le ROAC qui a son siège à Lomé (Togo) couvre actuellement huit (08) pays et projette de s’étendre sur les 17 pays de la région les années à venir. Si la présidence de ce nouveau réseau est allée au Burkina Faso, le poste de Secrétariat exécutif est venu au Bénin.
Il revient ici sur la mission à accomplir et le rôle à jouer par nos Etats pour atteindre les objectifs fixés par le réseau de céréaliers.

Vous venez d’être nommé Secrétaire exécutif de cette nouvelle structure régionale, (Félicitation !) Quelles sont vos attributions, le contenu de votre cahier de charge pour cette mission ?

Charles Nouatin : Merci Mme ! Ma première attribution, c’est de coordonner toutes les activités et mettre en œuvre les orientations des élus du réseau ; notamment assurer la gestion administrative, comptable et financière ; élaborer des programmes et rechercher des financements et développer toutes les initiatives qui peuvent concourir à la fluidification du commerce des produits céréaliers dans l’espace Cedeao.

C’est ambitieux, cette mission ; disposez-vous des coudées franches pour la réussir ?

Comme je viens de commencer, vous connaissez comment nos organisations se gouvernent dans nos Etats. Peut-être au début, on peut avoir un semblant conflit d’attribution mais de part mon expérience passée je crois que je saurai délimiter mon espace pour pouvoir faire le travail. J’ai vu en certains élus, certaines volontés quand-même de me laisser des coudées franches pour aller de l’avant et prendre des initiatives. Il y en a qui ont compris que j’ai un rôle capital à jouer pour le développement de cette région.

Vous avez déjà pris fonction ?

J’ai pris fonction le lundi 04 Mai dernier par l’atelier régional co-organisé avec ma structure et l’Afrique-Performance qui est le binôme pour accompagner les Etats dans l’élaboration des programmes de résiliences prioritaires.

Justement parlant de la formulation des priorités de résilience. Que doit-on retenir particulièrement ?

A cet atelier, deux éléments ont retenu mon attention : d’abord, le rôle des Organisations de la société civile (Osc) dans le contrôle citoyen de l’action publique et comment ces organisations doivent travailler de manière à améliorer leur gouvernance pour pouvoir mieux interpeller les pouvoir publics sur les actions publiques. Le deuxième élément, c’est la thématique sur la résilience : comment on peut accompagner les processus au niveau des Etats pour que ceux-ci élaborent leur programme priorité de résilience.

En ce moment, cela va permettre de contenir la thématique de la résilience qui constitue un fléau pour notre région aujourd’hui, et qui ne permet pas aux populations de s’épanouir et d’améliorer leur revenu et leur condition de vie.

A en croire les experts, le Dialogue inclusif et le processus AGIR sont des mécanismes à mettre en œuvre pour la définition des programmes priorité de résilience. Qu’en dites-vous ?

Tout à fait ! Le dialogue inclusif et la mise en œuvre du processus AGIR sont des principes fondamentaux pour atteindre cet objectif. Cela a été l’une des pratiques que j’ai eu à faire pendant une décennie, à l’orée de ma carrière, parce que j’étais un des acteurs incontournables du dialogue inclusif qui a conduit à la réforme d’un certain nombre de filières au Bénin. Donc je ne fais que renforcer actuellement mes acquis en la matière.

Donc, c’est un des piliers sur lesquels nous avons toujours fonctionné pour faire entendre la voix des acteurs non étatiques dans toutes les actions de politiques publiques. Je crois qu’on a fait que renforcer cette approche d’intervention pour que les interventions aillent véritablement vers les populations ciblées.

Selon certains, les politiques agricoles mises en place dans la région peinent à décoller, c’est pourquoi l’initiative du processus AGIR pour booster l’agriculture dans la région. Partagez-vous les mêmes points de vue ?

Quand on suit certains panélistes sur l’évolution du processus AGIR dans leur pays, nous avons encore du chemin à faire et forcément il va falloir une mobilisation générale et une certaine crédibilisation des organisations de la société civile (OSC) pour mieux jouer ce rôle dans l’approche dialogue inclusif. J’ai également noté un peu de recul par rapport à certains discours. A l’époque on avait suffisamment talonné les pouvoirs publics pour que vraiment les actions à mener en direction des populations soient faites. Mais j’ai été un peu perplexe par rapport à certains rapports, notamment ce qui se passe au Bénin. La situation de la gouvernance fait qu’on déplace les choses. On ne voit pas l’influence ou la capacité des ministères sectoriels à mieux prendre en charge les secteurs qui leurs sont confiés. On a l’impression que tout se centralise à la présidence ; ce que nous n’avons jamais vécu avant 2006 malgré qu’on a eu un militaire qui nous a géré, (ça c’est mon opinion !).

Il est dit désormais, que chaque Etat devra prendre l’engagement de réaliser son programme de priorités résilience. En tant que Secrétaire exécutif de ROAC, que préconisez-vous par rapport à cet engagement ?

Il faut que le dialogue inclusif soit suffisamment renforcé et que les acteurs soient suffisamment mieux préparés pour pouvoir participer à ce dialogue inclusif ; en donnant assez de moyens aux Osc pour mieux préparer ces dialogues ; c’est-à-dire faire des études prospectives afin d’être de véritables forces de proposition pour discuter avec l’Etat dans une approche gagnant-gagnant.

Un dernier mot ?

Je crois cela a été une bonne occasion pour moi de démarrer ma nouvelle carrière dans cette institution par cet atelier de renforcement de capacités qui a remis à niveau un certain nombre de pratiques que j’ai dû perdre il y a quatre ans lorsque je me suis retrouvé dans une maison où le dialogue inclusif n’était pas la chose la mieux partagée.

Propos recueillis par Aline ASSANKPON
L-integration.com


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